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Qu’est-ce que la thrombolyse sous contrôle radiologique?

La thrombolyse est un traitement qui consiste à éliminer les caillots sanguins anormaux qui obstruent le flux sanguin. Le traitement thrombolytique utilise différents médicaments, administrés directement dans le caillot par un cathéter (petit tube flexible en plastique ou en caoutchouc) pour dissoudre ces caillots sanguins. La thrombectomie consiste à retirer le caillot sanguin à l’aide d’un dispositif mécanique. Un radiologiste d’intervention (radiologiste spécialisé dans les actes chirurgicaux assistés par l'imagerie médicale) peut utiliser l’une de ces méthodes, ou les deux, pour dissoudre et éliminer les caillots sanguins. Une thrombolyse sous contrôle radiologique peut considérablement améliorer le flux sanguin et réduire ou éliminer les symptômes et les réactions associées, sans qu’une chirurgie plus invasive ne soit nécessaire.
 

Dans quelles situations utilise-t-on cette technique?

Lorsque le sang ne circule pas facilement, des caillots peuvent se former, ralentissant ou bloquant l’apport en sang à un organe ou aux membres. Ce blocage, ou thrombose, peut être asymptomatique (sans symptômes), ou provoquer une douleur, un engourdissement, une froideur, un fourmillement ou un gonflement dans le bras ou la jambe, ou un mauvais fonctionnement de l’organe affecté. Les tissus privés d’une circulation sanguine adéquate peuvent être sérieusement endommagés.

La thrombolyse sous contrôle radiologique peut aider à traiter les caillots qui se forment dans les artères, les pontages, et les veines dans les situations suivantes:

  • chirurgie récente, infection, immobilité et troubles affectant la santé vasculaire, comme le diabète, tous ces facteurs pouvant ralentir la circulation et permettre la formation de caillots.
  • dépôts graisseux de cholestérol dans la paroi d’une artère ou d’un pontage, conduisant un rétrécissement qui limite le flux sanguin et entraîne la formation de caillots.
  • Dans les veines, une série de valves font office de barrières qui empêchent le reflux du sang et lui permettent d’avancer vers le cœur. Une maladie vasculaire peut endommager ces valves, ralentissant le flux sanguin et créant des poches de refoulement dans lesquelles des caillots peuvent se développer. Une thrombose veineuse profonde consiste en la formation d’un caillot sanguin dans la veine principale qui renvoie le sang des extrémités (bras et jambes) vers le cœur et les poumons; ce caillot peut devenir suffisamment gros pour boucher complètement la veine. Si un fragment du caillot se détache et migre dans les poumons, cela peut avoir des conséquences médicales graves (embolie pulmonaire).
  • Une maladie cardiaque, en ralentissant la circulation, peut permettre à un caillot sanguin de se former dans l’une des chambres du cœur et de migrer dans la circulation sanguine; ce caillot peut aller se loger dans un organe ou une artère et couper tout apport sanguin en aval de ce point, provoquant une embolie (blocage).
  • Les caillots limitant le flux sanguin vers le cœur peuvent provoquer une crise cardiaque; dans le cerveau, ces caillots peuvent entraîner un accident vasculaire cérébral.

Comment dois-je me préparer pour cette intervention?

Étant donné que les médecins sont déjà au courant de votre problème de circulation, vous aurez peut-être auparavant déjà passé une artériographie ou une phlébographie (examens spéciaux des vaisseaux sanguins par rayons X). Si tel est le cas, vous trouverez que la préparation d’une thrombolyse sous contrôle radiologique est très similaire.

Quelques jours avant l'intervention, le personnel de bureau ou le médecin chargé de l’intervention (un radiologiste d'intervention) vous fournira les instructions nécessaires. On vous fera une prise de sang à l'hôpital ou à une clinique locale pour évaluer le fonctionnement de vos reins et déterminer si votre sang coagule normalement. Le personnel vous conseillera également sur tout changement éventuel de votre horaire normal de prise de médicaments, en particulier les anticoagulants. Vous serez admis à l’hôpital la veille ou le matin même de l’intervention et un radiologiste vous examinera juste avant l’intervention.

À quoi ressemblent les appareils?


Les appareils de rayons X et les cathéters sont identiques à ceux utilisés pour l'angiographie par cathéter (examen des vaisseaux sanguins réalisé en injectant un produit de contraste directement dans l'artère au moyen d'un petit tube en plastique). Le cathéter d’angiographie est un long tube en plastique de la grosseur d’un spaghetti. Le dispositif de rayons X est monté sur un bras articulé en forme de « C », avec le tube à rayons X se trouvant sous la table d'examen du patient. Un amplificateur d'image se trouve au-dessus du patient ; il s’agit d’un dispositif qui reçoit les signaux provenant des rayons X, les amplifie et les envoie vers un écran de télévision.

Quel est le principe de la technique?

Lorsqu’un caillot sanguin se forme, il obstrue le flux sanguin et empêche les artères d’alimenter suffisamment les tissus de la région affectée en oxygène et en nutriments, et/ou les veines d’éliminer l’excès de fluides et les produits de dégradation. Une fois qu’un caillot se forme dans le vaisseau sanguin, il peut continuer à grossir jusqu’à boucher complètement le vaisseau, bloquant complètement la circulation sanguine dans la région. Si on ne les traite pas, ces blocages peuvent endommager ou même entraîner la mort du tissu affecté, provoquant la perte de l’organe, du bras ou de la jambe, avec des conséquences mettant potentiellement la vie en danger.

Le fait de réduire ou d’éliminer le caillot aide à rétablir le flux sanguin et à empêcher une atteinte supplémentaire des tissus affectés. Une fois le caillot éliminé, on peut identifier et traiter les affections sous-jacentes qui pourraient entraîner une nouvelle formation de caillots.
 

Comment effectue-t-on cette intervention?

On vous administra un sédatif (médicament qui va vous aider à vous détendre, sans pour autant vous endormir) par l'intermédiaire d'un cathéter intraveineux (IV) (dans une veine) pour que vous puissiez vous détendre, bien que l’on puisse parfois vous administrer un anesthésique général (médicament qui élimine temporairement la douleur et les sensations). Le radiologiste d’intervention localisera un vaisseau sanguin approprié, généralement dans l’aine, le bras ou le cou, et endormira la région avec un anesthésique local. Après avoir pratiqué une petite incision, il introduira un fin cathéter dans le vaisseau sanguin, qu'il guidera dans la région de mauvaise circulation en se guidant par rayons X. On injectera ensuite le produit de contraste (substance qui augmente le contraste entre les organes afin de les rendre visibles par les techniques d'imagerie médicale) et on prendra un série d'images par rayons X pour localiser de manière très précise l’emplacement du caillot. Le radiologiste analysera les images pour déterminer s’il vaut mieux dissoudre le caillot avec des médicaments thrombolytiques, le fractionner avec un dispositif mécanique, ou les deux.

On insère le cathéter à travers les vaisseaux sanguins, jusqu’au vaisseau qui contient le caillot. Si on traite le caillot avec des médicaments, on laisse en place le cathéter, connecté à une pompe spéciale qui libère le médicament à un taux précis. On administre les médicaments thrombolytiques par le cathéter sur plusieurs heures ou plusieurs jours. Vous resterez à l’hôpital pendant toute la durée du traitement médicamenteux. Il faut entre 24 et 48 heures pour que le caillot se dissolve. Pendant cette période, le radiologiste d’intervention surveillera la progression du traitement à l’aide d’examens supplémentaires d’imagerie.

Que vais-je ressentir durant l'intervention?

Vous serez la plupart du temps éveillé lors de l'intervention, mais dans un état de détente et de somnolence grâce au sédatif administré par voie intraveineuse (IV) (il se pourrait même que vous vous endormiez pendant de courts instants). Vous pourriez ressentir une légère pression lors de l'insertion du cathéter, mais pas de gêne importante. Vous pourriez ressentir une sensation de chaleur lorsque le produit de contraste circule dans votre corps. Cependant, cette sensation sera brève.

Pour éviter de perturber la pose précise du cathéter, on limitera vos mouvements pendant la période d’administration des médicaments thrombolytiques. Une fois le caillot éliminé, ou lorsqu’on ne peut plus espérer d’amélioration supplémentaire, on arrêtera l’administration des médicaments et on retirera le cathéter. Vous devrez ensuite rester allongé tranquillement pendant une certaine période, et on appliquera généralement une pression sur le site d’entrée du cathéter pour empêcher les saignements.

La plupart des patients éprouvent des effets secondaires après une thrombolyse. L'effet secondaire le plus fréquent est une douleur, que l'on peut facilement contrôler avec des médicaments par voie orale ou par voie intraveineuse. La plupart des patients peuvent reprendre leurs activités habituelles dans la semaine ou les deux semaines suivant l’intervention. Vous pourriez ou non vous rappeler de certains moments de l'intervention.

Qui interprète les résultats et comment puis-je les obtenir?

Le radiologiste vous informera du succès technique ou non de la thrombolyse à la fin de l’intervention. On vous conseillera sur la nécessité d’un traitement supplémentaire pour traiter l’affection à l’origine du caillot, ou pour réparer tout tissu endommagé par la mauvaise circulation.

Quels sont les bienfaits et les risques de cette technique?
 
Bienfaits

  • La thrombolyse constitue une méthode, sans danger et très efficace, permettant de rétablir la circulation bloquée par un caillot.
  • Elle est moins invasive que la chirurgie ouverte conventionnelle, et est associée à un séjour relativement bref à l’hôpital. La perte de sang est moins importante que dans le cas d'un traitement chirurgical traditionnel, et il n'existe pas d'incision chirurgicale visible.
Risques
  • Il existe un risque d'infection après une thrombolyse, même si vous prenez un antibiotique.
  • Comme pour toute utilisation d’anticoagulant ou d’agents thrombolytiques, il existe un risque de saignements dans une autre région du corps.
  • Étant donné qu'une angiographie fait partie de l'intervention, il existe un risque de réaction allergique au produit de contraste, ainsi qu’un risque d'atteinte aux reins chez les patients diabétiques ou ceux souffrant d'une maladie rénale préexistante.

Quelles sont les limites de la thrombolyse sous contrôle radiologique?

Une thrombolyse qui est un succès sur le plan technique nécessite la pose stable du cathéter au voisinage du caillot. Cela signifie que l'extrémité du cathéter doit être située de façon à ce que l'agent thrombolytique puisse atteindre le site d’obstruction. Dans un petit nombre de cas, cette intervention est techniquement impossible. Il est important de comprendre que l’élimination du caillot ne peut seule réparer un tissu déjà endommagé par l’absence de circulation. Un traitement supplémentaire pourrait s’avérer nécessaire, aussi bien pour traiter l’affection sous-jacente qui a été à l’origine du caillot que pour réparer les lésions aux organes et autres tissus affectés.



Texte offert à titre de renseignement par l’Association canadienne des radiologistes (CAR). Octobre 2004. Source: www.radiologyinfo.org, traduction: Gaëlle M. Chevalier, révision: Dr Vincent Oliva. Pour plus d’information sur la radiologie d’intervention, veuillez visiter le site http://www.car.ca/cira/


 

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