En images ...




Cliquez pour agrandir l'image


Cliquez pour agrandir l'image


Cliquez pour agrandir l'image


Avant une embolisation
Source : Robert Vogelzang, MD


Après une embolisation
Source : Robert Vogelzang, MD


Reproduit avec la permission
de la Société de radiologie
interventionnelle ©
2004, www.SIRweb.org
Tous droits réservés

Qu’est-ce que l’embolisation des fibromes utérins?

L’embolisation des fibromes utérins (EFU) est un nouveau moyen de traiter les fibromes (tumeurs bénignes contenant du tissu fibreux) de l’utérus. Les fibromes, encore appelés myomes, sont des masses bénignes de tissu fibreux et musculaire situées dans la paroi utérine, qui peuvent provoquer des menstruations abondantes, une douleur dans la région pelvienne ou une pression sur la vessie ou les intestins. En utilisant des méthodes angiographiques (méthodes qui utilisent l’angiographie - radiographie des vaisseaux après injection d’un produit de contraste radio-opaque) similaires à celles utilisées pour la mise en place d’un cathéter (petit tube flexible en plastique) au niveau du cœur, on introduit un cathéter dans chacune des deux artères utérines et on injecte de petites particules pour bloquer les branches artérielles qui alimentent les fibromes. Cela entraîne la mort du tissu fibromateux, le rétrécissement des masses et, dans la plupart des cas, le soulagement des symptômes. L’EFU, effectuée sous anesthésie locale, est beaucoup moins invasive que la chirurgie ouverte d’ablation des fibromes utérins. Un radiologiste d’intervention expérimenté se charge de l’intervention. Il s’agit d’un médecin spécialement formé à l’embolisation des fibromes utérins et autres interventions similaires.

Les premières applications de l’EFU était de contrôler la perte de sang lors de l’ablation chirurgicale des fibromes. On a remarqué qu’après l’embolisation, en attendant la chirurgie, de nombreux patients ne présentaient plus de symptômes, et que l’opération elle-même n’était plus nécessaire. À l’heure actuelle, on utilise l’EFU en tant que monothérapie (seul traitement) pour les femmes souffrant de fibromes utérins symptomatiques (qui provoquent des symptômes).

Dans quelles situations utilise-t-on cette technique?

L’embolisation des artères utérines est principalement utilisée pour traiter les symptômes provoqués par les fibromes. Elle agit en arrêtant la croissance des fibromes et en tentant de les faire diminuer de volume. Étant donné qu’on ne connaît pas les effets de l’embolisation des fibromes utérins (EFU) sur la fertilité, le candidat idéal est une femme pré-ménopausée présentant des symptômes de fibromes, ne désirant plus être enceinte mais qui veut éviter de subir une hystérectomie (ablation chirurgicale de l’utérus). L’EFU peut s’avérer un choix excellent pour les femmes qui, pour des raisons de santé ou de religion, ne veulent pas recevoir de transfusions sanguines (ce qui peut être le cas lors d’une chirurgie ouverte). L’intervention profite également aux femmes qui, pour quelque raison que ce soit, ne peuvent subir d’anesthésie générale.

On peut également utiliser l’embolisation des artères utérines pour stopper une hémorragie importante après un accouchement ou celle provoquée par des tumeurs gynécologiques malignes.

Comment dois-je me préparer pour cette intervention?

Une femme envisageant une embolisation des fibromes utérins doit subir un bilan gynécologique pour s’assurer que des fibromes sont effectivement responsables des symptômes qu’elle éprouve. On visualisera l’utérus par imagerie par résonance magnétique (IRM) ou par échographie afin de déterminer de façon complète la taille, le nombre et l’emplacement des fibromes. Votre gynécologue pourrait dans certains cas vouloir effectuer une observation directe par laparoscopie, un examen utilisant un tube illuminé. Si un des symptômes principal consiste en une hémorragie, il se peut qu’on effectue une biopsie de l’endomètre – la paroi interne de l’utérus – pour éliminer l’éventualité d’un cancer.

À quoi ressemblent les appareils?

Plusieurs types de particules sont disponibles pour une embolisation des fibromes utérins (EFU). Ils incluent l’alcool polyvinyle (matériau qui ressemble à du sable), une éponge de gélatine (Gelfoam) et des microsphères. Tous ces agents embolisants ont été déclarés inoffensifs et efficaces pour l’EFU. Quel qu'en soit le type, les particules utilisées se logent toutes dans les vaisseaux utérins, ce qui évite le risque qu’elles se déplacent vers des régions éloignées du corps.

Quel est le principe de la technique?

L’embolisation des fibromes utérins (EFU), en bloquant le flux sanguin vers les fibromes, les prive en quelque sorte du sang dont elles ont besoin pour croître. Une fois privées de sang, les masses tumorales meurent, se transforment en tissu cicatriciel et diminuent de volume. Les symptômes qu’elles entraînaient auparavant deviennent beaucoup moins gênants ou disparaissent complètement. Il est possible de traiter des fibromes multiples au cours d’une même séance d’EFU, et cette technique permet également de traiter de très gros fibromes.

Comment effectue-t-on cette intervention?

On effectue l’embolisation des fibromes utérins (EFU) dans une salle d’angiographie stérile équipée d’une machine à rayons X. Tout au long de l’intervention, qui dure en moyenne entre 60 et 90 minutes, on surveillera continuellement votre rythme cardiaque, votre tension artérielle, votre électrocardiogramme, votre respiration et votre niveau d’oxygène .
 
Le radiologiste d’intervention vous administrera un sédatif (médicament qui va vous aider à vous détendre, sans pour autant vous endormir), qui va vous rendre somnolent, ainsi qu’un anesthésique local pour endormir la peau dans la région de l’aine. Il pratiquera ensuite une petite incision dans la peau, inférieure à un quart de pouce, et insérera un cathéter dans l’artère fémorale (artère principale qui alimente les membres inférieurs). Le radiologiste insérera le cathéter dans les artères utérines en se guidant grâce aux rayons X et à des injections périodiques du produit de contraste (substance qui augmente le contraste entre les organes afin de les rendre visibles par les techniques d'imagerie médicale) pour visualiser les vaisseaux sanguins. Tout en se guidant grâce aux rayons X, il injectera des particules dans le cathéter jusqu’à ce que le flux sanguin dans les artères utérines soit bloqué. Dans la plupart des cas, on peut traiter les deux artères utérines avec une seule insertion de cathéter. Une fois l’EFU achevée, on nettoiera et on mettra un pansement sur le site de ponction.

Que vais-je ressentir durant l'intervention?

La plupart des patientes qui subissent une embolisation des fibromes utérins (EFU) passent la nuit à l’hôpital pour qu’on puisse contrôler leur douleur et les surveiller. Suite à cette intervention, il est fréquent que les patientes souffrent de crampes pelviennes pendant plusieurs jours et il arrive également qu’elles souffrent de nausées légères et de fièvre modérée. Les crampes les plus sévères se produisent au cours des 24 heures suivant l’intervention, mais s’améliorent rapidement dan les jours qui suivent. À l’hôpital, on contrôlera généralement bien votre douleur avec une pompe à narcotiques, qui distribue un médicament anti-douleur par voie intraveineuse. On vous donnera un médicament anti-douleur à prendre par voie orale lors de votre sortie d’hôpital le lendemain. La plupart des patientes vont récupérer des conséquences de cette intervention en une à deux semaines, et pourront reprendre leurs activités habituelles.

Il faut compter entre deux et trois mois avant que les fibromes ne rétrécissent suffisamment pour qu’on observe une amélioration des symptômes associés au volume des fibromes, comme une douleur ou une pression. Il est fréquent d’observer une diminution de l’abondance des menstruations au cours du premier cycle menstruel suivant l’intervention.

La plupart des patientes pourront retourner travailler au bout d'une ou deux semaines, mais certaines patientes ont besoin de plus de temps pour récupérer complètement.

Qui interprète les résultats et comment puis-je les obtenir?

Le radiologiste d’intervention qui pratique l’intervention interprétera les résultats et travaillera de concert avec votre gynécologue ou votre médecin traitant afin de s'assurer que vous recevez des soins de suivi adéquats.

Quels sont les bienfaits et les risques de cette technique?

Bienfaits
  • Très peu invasive : l’embolisation des fibromes utérins (EFU) est moins invasive que la chirurgie ouverte d’ablation des fibromes ou l’hystérectomie (chirurgie d’ablation de l’utérus). Par rapport aux patientes qui ont subi une hystérectomie, celles qui ont subi une EFU sont généralement capables de reprendre leur activités habituelles plusieurs semaines plus tôt. L’embolisation des fibromes utérins est associée à une perte de sang minime, à un temps de rétablissement plus court par rapport à une hystérectomie, et ne nécessite pas d’anesthésie générale.
  • Soulagement des symptômes : des études de suivi ont montré qu’environ 85 pour-cent des femmes dont les fibromes ont été traités par EFU voient une diminution considérable ou une disparition complète des symptômes associés. Cela est vrai aussi bien pour les femmes qui souffrent de menstruations abondantes que pour celles souffrant de symptômes associés au volume des fibromes, comme une douleur pelvienne ou une pression. Dans l’ensemble, trois à six mois après une EFU, le volume des fibromes aura diminué de moitié.
  • Effet durable : des études de suivi réalisées sur plusieurs années ont montré qu’une nouvelle croissance des fibromes traités ou que le développement de nouveaux fibromes sont des évènements rares après une EFU. Cela résulte du fait que tous les fibromes présents dans l’utérus sont traités lors de l’intervention, même les masses à un stade précoce qui sont trop petites pour être visualisées par des techniques d’imagerie. L’EFU est une solution plus permanente que l’hormonothérapie (traitement par les hormones), car le développement des tumeurs reprend généralement dès l’arrêt du traitement hormonal. Le traitement au laser est associé à un problème de nouvelle croissance des fibromes utérins.
Risques
  • Risques associés au cathéter : comme toute intervention qui implique la pose d’un cathéter à l’intérieur d’un vaisseau sanguin, l’embolisation des fibromes utérins (EFU) comporte certains risques. Les risques incluent une atteinte du vaisseau sanguin, l’apparition de bleus ou un saignement au niveau du site de ponction et une infection. Lorsqu’un radiologiste d’intervention expérimenté pratique l’intervention, les risques de souffrir d’une de ces réactions sont inférieurs à un pour-cent.
  • Allergie au produit de contraste : il peut arriver qu’une patiente développe une réaction allergique au produit de contraste utilisé lors d’une EFU. Cette allergie peut se manifester sous des formes diverses, allant de légères démangeaisons à des réactions sévères pouvant affecter la respiration ou la tension artérielle de la patiente. Un médecin et une infirmière surveilleront soigneusement les patientes lors de l’EFU, afin de détecter immédiatement et de contrecarrer toute réaction allergique.
  • Pertes de tissu fibromateux : deux à trois pour-cent des femmes subissant une EFU pourraient avoir des pertes vaginales constituées de petits fragments de tissu fibromateux, après l’intervention. Ce phénomène arrive lorsque du tissu fibromateux, situé près de la paroi de l’utérus, meurt et se détache partiellement. Chez les femmes qui souffrent de ce problème, il pourrait être nécessaire d’effectuer une intervention appelée DC (dilatation-curetage, intervention qui consiste à dilater le col de l’utérus et à racler la paroi interne de l’utérus) pour s’assurer que tout le matériel est éliminé et pour éviter des saignements et une infection.
  • Ménopause précoce : la plupart des femmes ayant subi une EFU retrouveront des cycles menstruels normaux après l’intervention. Un à cinq pour-cent des femmes, cependant, développerons une ménopause peu de temps après l’EFU. Ce phénomène semble plus fréquemment affecter les femmes âgées de plus de 45 ans au moment de l’intervention.
  • Besoin d’ hystérectomie : bien que le but de l’embolisation des fibromes utérins est d’éviter la chirurgie, une hystérectomie pourrait s’avérer nécessaire dans certains cas, du fait d’une infection ou de symptômes persistants. Cependant cette probabilité est faible (moins de un pour-cent).
  • Exposition aux rayons X : lors d’une embolisation des fibromes utérins les patientes sont exposées aux rayons X, mais les taux d’exposition sont généralement largement inférieurs à ceux entraînant des effets secondaires pour la patiente ou les futurs enfants.
  • Fertilité future : on ne sait pas encore si l’embolisation des fibromes utérins diminue la fertilité, bien qu’on ait rapporté un certain nombre de grossesses normales chez les femmes ayant subi cette intervention. À cause de cette incertitude, les médecins peuvent recommander aux femmes porteuses de fibromes symptomatiques qui souhaitent avoir des enfants d’envisager une ablation chirurgicale des tumeurs plutôt qu’une EFU. La majorité des femmes qui subissent une EFU ne souhaitent plus avoir d’enfants. Chez certaines femmes, cependant, les fibromes sont responsables de l’infertilité et le meilleur traitement pourrait être de les emboliser. Il est difficile de prédire pour chaque patiente si la paroi utérine sera suffisamment fragilisée par cette intervention pour poser un problème lors d’un accouchement. Les femmes enceintes ayant subi une EFU pourraient bénéficier d’un examen par ultrasons (méthode qui utilise des ondes sonores de haute fréquence pour obtenir des images de l’intérieur du corps) pour évaluer l’état de l’utérus.

Quelles sont les limites de l’embolisation des fibromes utérins?

Les femmes souffrant de fibromes non symptomatiques, qui pourraient être atteintes d’un cancer, ou qui présentent une inflammation ou une infection pelviennes ne doivent pas subir d’embolisation des fibromes utérins (EFU). On devrait également éviter de réaliser une EFU chez les femmes enceintes ou celles souffrant d’insuffisance rénale (fonctionnement anormal des reins). Une autre option de traitement doit être envisagée pour les femmes allergiques à un produit de contraste contenant de l’iode.

Il est encore difficile à l’heure actuelle pour les femmes vivant dans certaines régions d’être au courant de la technique d’embolisation des fibromes utérins, ou d’y avoir accès. Les gynécologues ne sont pas tous familiers avec cette nouvelle méthode de traiter les fibromes utérins et se reposent plutôt sur l’approche conventionnelle – la chirurgie.
 





Texte offert à titre de renseignement par l’Association canadienne des radiologistes (CAR). Octobre 2004. Source: www.radiologyinfo.org, traduction: Gaëlle M. Chevalier. Révision: Dr Gilles Soulez.


 

2004 Association Canadienne des Radiologistes Tous droits réservés – Avis légal