Dans certains cas vous serez admis à l’hôpital la veille de l’intervention. On vous administrera des fluides par l’intermédiaire d’un cathéter intraveineux (IV). Ils protègeront vos reins lors de la chimio-embolisation. Certains médecins vous donneront de plus de l’allopurinol, un médicament qui protège les reins de la chimiothérapie et des substances produites lors de la mort des cellules tumorales. L’infirmière vous expliquera comment utiliser l’appareil respiratoire appelé spiromètre incitatif. Cet appareil va vous aider à gonfler les poumons pour éviter que vous ne développiez une pneumonie. On vous donnera avant l’intervention des médicaments supplémentaires pour empêcher l’apparition de nausées et de douleur, ainsi qu’un antibiotique pour empêcher les infections.
Vous serez la plupart du temps éveillé lors de l’intervention, mais dans un état de détente et de somnolence grâce au sédatif (il se pourrait même que vous vous endormiez pendant de courts instants). Vous pourriez ressentir une légère pression lors de l’insertion du cathéter, mais pas de gêne importante. La plupart des patients éprouvent des effets secondaires après une chimio-embolisation. C’est ce qu’on appelle le syndrome post-embolisation, qui consiste en une douleur, des nausées, des vomissements et de la fièvre. L’effet secondaire le plus fréquent est une douleur, conséquence de l’arrêt de l’apport sanguin vers la zone traitée. On peut facilement contrôler votre douleur avec des médicaments par voie orale ou par voie intraveineuse. La majorité des patients quittent l’hôpital dans les 24 à 48 heures suivant l’intervention, une fois la douleur et les nausées passées.
Vous rentrerez chez vous avec une prescription d’antibiotiques par voie orale et de médicaments contre la douleur et contre les nausées. Vous pourriez avoir de la fièvre pendant la semaine suivant l’intervention. Une fatigue et une perte d'appétit sont fréquentes lors des deux semaines suivant l’intervention, et pourraient durer plus longtemps. En général, ces signes sont tous ceux d’un rétablissement normal. Vous devez consulter immédiatement votre médecin si votre douleur change d’intensité ou de teneur, si votre fièvre s’accroît subitement ou si vous remarquez d’autres changements inhabituels. La plupart des patients peuvent reprendre leurs activités habituelles dans la semaine après l'examen.
Il est important que vous retourniez régulièrement voir votre médecin au cours du mois suivant l’intervention, et que vous lui fassiez part de la progression de votre guérison. Vous subirez également un tomodensitométrie ou une IRM ainsi que des tests sanguins pour déterminer la taille de la tumeur traitée et l’efficacité de la chimio-embolisation. S’il existe une tumeur des deux côtés du foie, on ne traitera qu’un côté à la fois, et vous retournerez donc à l’hôpital un mois plus tard pour la deuxième chimio-embolisation. On réalisera dans ce cas un tomodensitométrie après la deuxième chimio-embolisation.
Après l’intervention, on effectuera des tomodensitométries et des IRM trimestriels pour évaluer la diminution totale des tumeurs et pour visualiser le cas échéant tout nouveau développement tumoral dans le foie. En général, une deuxième chimio-embolisation sera nécessaire (à cause d’une nouvelle tumeur) entre dix et 14 mois après la première intervention. On peut répéter une chimio-embolisation de nombreuses fois pendant de nombreuses années, tant que l’intervention est techniquement possible et que vous êtes suffisamment en bonne santé pour tolérer des interventions répétées.