home
En images ...



Cliquez pour agrandir l'image


Cliquez pour agrandir l'image


Cliquez pour agrandir l'image


Cliquez pour agrandir l'image


Reproduit avec la permission
de la Société de radiologie
interventionnelle ©
2004, www.SIRweb.org
Tous droits réservés

Qu’est-ce que la chimio-embolisation?

La chimi-embolisation est un traitement contre le cancer (tout tissu malin résultant d’une division anormale et non contrôlée des cellules) directement au niveau de la tumeur dans le foie. En se guidant grâce aux rayons X, le médecin insère un petit cathéter (petit tube flexible en plastique ou en caoutchouc) dans l’artère (vaisseau qui transporte le sang du cœur aux organes) au niveau de l’aine. L’extrémité du cathéter est insérée dans l’artère du foie qui alimente la tumeur. On injecte dans la tumeur, par le cathéter, une chimiothérapie (traitement d’une maladie – en général un cancer - par des substances chimiques ou des médicaments) mélangée à des particules qui embolisent (bloquent) le flux sanguin vers le tissu malade.

L’action de la chimio-embolisation sur le cancer est double. Premièrement, elle libère une dose très concentrée de chimiothérapie directement dans la tumeur, sans exposer le reste du corps aux effets de ces médicaments. Deuxièmement, l’intervention bloque l’apport de sang à la tumeur, la privant d’oxygène et de nutriments ; ce blocage retient également les médicaments au niveau de la tumeur, ce qui augmente leur efficacité.

Dans quelles situations utilise-t-on cette technique?

Les patients qui profitent le plus d’une chimio-embolisation sont ceux dont la maladie est restreinte au foie, qu’elle ait débuté dans le foie ou qu’elle se soit propagée à ce dernier depuis un autre organe (métastase). Certains patients dont le cancer s’est propagé à d’autres régions du corps ont également bénéficié de cette intervention. Les cancers suivants font partie des cancers pouvant potentiellement être traités par chimio-embolisation :

  • hépatome (cancer primaire du foie)
  • métastases (propagation) dans le foie des cancers suivants : 
    • cancer du colon
    • carcinoïde 
    • mélanome oculaire 
    • sarcomes
  • tumeur primaire de toute autre région du corps


En fonction du nombre et du type de tumeurs, la chimio-embolisation peut être utilisée seule ou en association avec d’autres options de traitement telles que la chirurgie ou les radiations.

Comment dois-je me préparer pour cette intervention?

Quelques jours avant l’intervention vous rencontrerez le médecin qui la pratique. Ce médecin est un radiologiste d’intervention (radiologiste spécialisé dans les actes thérapeutiques assistés par l’imagerie médicale). On vous fera une prise de sang à l’hôpital ou à une clinique locale pour évaluer le fonctionnement de votre foie et de vos reins et déterminer si votre sang se coagule normalement. Le personnel soignant vous indiquera si vous devez changer votre horaire normal de prise de médicaments; assurez-vous d’indiquer à votre médecin tous les médicaments que vous prenez, notamment tout médicament anticoagulant comme le Coumadin. Vous serez admis à l’hôpital la veille ou le matin même de l’intervention.

À quoi ressemblent les appareils?

Les appareils de rayons X et les cathéters sont identiques à ceux utilisés pour l’angiographie par cathéter (examen des vaisseaux sanguins réalisé en injectant un produit de contraste directement dans l’artère au moyen d’un petit tube en plastique). Plusieurs matériaux peuvent être utilisés pour emboliser (bloquer) les artères alimentant la tumeur, mais les plus courants sont une émulsion d’huile et des particules de plastique fabriquées à partir d’alcool polyvinylique.

Quel est le principe de la technique?

Le foie est unique car il possède deux voies d’alimentation en sang: une artère - l’artère hépatique, et une large veine - la veine porte. En temps normal, le foie reçoit environ 75 % de son apport sanguin par la veine porte et 25 % seulement par l’artère hépatique. Cependant, lorsqu’une tumeur se développe dans le foie, elle reçoit la majorité de son apport sanguin par l’artère hépatique. Les médicaments de chimiothérapie injectés dans l’artère hépatique atteignent directement la tumeur, épargnant la majorité du tissu sain hépatique. Le blocage de l’artère supprime la quasi totalité de l’apport sanguin à la tumeur, tandis que le foie continue à être alimenté en sang par l’intermédiaire de la veine porte.

Comme tous les tissus, les tumeurs ont besoin d’un apport constant en oxygène et en nutriments, véhiculés par le sang. Une fois que l’apport sanguin est supprimé par embolisation et que la chimiothérapie commence à faire son effet, le tissu commence à se désagréger ce qui aboutit, en cas de succès, à la mort de la tumeur. La zone de la tumeur ressemblera à un tissu cicatriciel ou à une zone vide lors des tomodensitométries (examens d’imagerie médicale assistés par ordinateur qui révèlent la densité des différents tissus du corps en fonction des variations d’absorption des rayons X) ou d’imageries par résonance magnétique (IRM; techniques de diagnostic radiologique qui permettent d'obtenir des images internes du corps) ultérieures.

Comment effectue-t-on cette intervention?

La première étape consiste à obtenir par angiographie (radiographie des vaisseaux après injection d’un produit de contraste radio-opaque) des images par rayons X des artères du foie et de la tumeur. On vous administrera un sédatif (médicament qui va vous aider à vous détendre, sans pour autant vous endormir) par l’intermédiaire d’un cathéter intraveineux (IV) (dans une veine) pour que vous puissiez vous détendre. Le radiologiste endormira une région de l’aine avec un anesthésique local. Après avoir pratiqué une petite incision, il introduira un fin cathéter dans l’artère fémorale (vaisseau large de l’aine), qu’il guidera jusque dans les artères alimentant le foie en suivant sa progression sur un écran de télévision. On injectera ensuite le produit de contraste (substance qui augmente le contraste entre les organes afin de les rendre visibles par les techniques d'imagerie médicale) et on prendra un série d’images par rayons X, ce qui permet de visualiser tous les vaisseaux sanguins, jusqu’au plus petit. On guidera ensuite le cathéter dans les branches des vaisseaux qui alimentent la tumeur, avant d’injecter la substance de chimio-embolisation. On prendra des images par rayons X pour confirmer qu’on a complètement traité la tumeur.

À la fin de l’intervention, le radiologiste d’intervention retire le cathéter et exercera une pression sur la région de l’aine pendant un court instant pour empêcher tout saignement au niveau du site d’insertion du cathéter. Vous resterez alité pendant quatre à six heures après l’intervention.

Que vais-je ressentir durant l'intervention?

Dans certains cas vous serez admis à l’hôpital la veille de l’intervention. On vous administrera des fluides par l’intermédiaire d’un cathéter intraveineux (IV). Ils protègeront vos reins lors de la chimio-embolisation. Certains médecins vous donneront de plus de l’allopurinol, un médicament qui protège les reins de la chimiothérapie et des substances produites lors de la mort des cellules tumorales. L’infirmière vous expliquera comment utiliser l’appareil respiratoire appelé spiromètre incitatif. Cet appareil va vous aider à gonfler les poumons pour éviter que vous ne développiez une pneumonie. On vous donnera avant l’intervention des médicaments supplémentaires pour empêcher l’apparition de nausées et de douleur, ainsi qu’un antibiotique pour empêcher les infections.

Vous serez la plupart du temps éveillé lors de l’intervention, mais dans un état de détente et de somnolence grâce au sédatif (il se pourrait même que vous vous endormiez pendant de courts instants). Vous pourriez ressentir une légère pression lors de l’insertion du cathéter, mais pas de gêne importante. La plupart des patients éprouvent des effets secondaires après une chimio-embolisation. C’est ce qu’on appelle le syndrome post-embolisation, qui consiste en une douleur, des nausées, des vomissements et de la fièvre. L’effet secondaire le plus fréquent est une douleur, conséquence de l’arrêt de l’apport sanguin vers la zone traitée. On peut facilement contrôler votre douleur avec des médicaments par voie orale ou par voie intraveineuse. La majorité des patients quittent l’hôpital dans les 24 à 48 heures suivant l’intervention, une fois la douleur et les nausées passées.

Vous rentrerez chez vous avec une prescription d’antibiotiques par voie orale et de médicaments contre la douleur et contre les nausées. Vous pourriez avoir de la fièvre pendant la semaine suivant l’intervention. Une fatigue et une perte d'appétit sont fréquentes lors des deux semaines suivant l’intervention, et pourraient durer plus longtemps. En général, ces signes sont tous ceux d’un rétablissement normal. Vous devez consulter immédiatement votre médecin si votre douleur change d’intensité ou de teneur, si votre fièvre s’accroît subitement ou si vous remarquez d’autres changements inhabituels. La plupart des patients peuvent reprendre leurs activités habituelles dans la semaine après l'examen.

Il est important que vous retourniez régulièrement voir votre médecin au cours du mois suivant l’intervention, et que vous lui fassiez part de la progression de votre guérison. Vous subirez également un tomodensitométrie ou une IRM ainsi que des tests sanguins pour déterminer la taille de la tumeur traitée et l’efficacité de la chimio-embolisation. S’il existe une tumeur des deux côtés du foie, on ne traitera qu’un côté à la fois, et vous retournerez donc à l’hôpital un mois plus tard pour la deuxième chimio-embolisation. On réalisera dans ce cas un tomodensitométrie après la deuxième chimio-embolisation.

Après l’intervention, on effectuera des tomodensitométries et des IRM trimestriels pour évaluer la diminution totale des tumeurs et pour visualiser le cas échéant tout nouveau développement tumoral dans le foie. En général, une deuxième chimio-embolisation sera nécessaire (à cause d’une nouvelle tumeur) entre dix et 14 mois après la première intervention. On peut répéter une chimio-embolisation de nombreuses fois pendant de nombreuses années, tant que l’intervention est techniquement possible et que vous êtes suffisamment en bonne santé pour tolérer des interventions répétées.
 

Qui interprète les résultats et comment puis-je les obtenir?

Dès la fin de l’intervention, le radiologiste d’intervention pourra vous indiquer si l’embolisation a été un succès, et pourra programmer votre retour à l’hôpital pour des interventions supplémentaires ou des scans de suivi.
 

Quels sont les bienfaits et les risques de cette technique?

Bienfaits
  • La chimio-embolisation peut stopper le développement des tumeurs hépatiques, ou entraîner leur diminution, dans environ deux tiers des cas traités. Ce bienfait dure entre 10 et 14 mois en moyenne, selon le type de tumeur, et on peut répéter l’intervention si le cancer recommence à se développer.
  • On pourrait utiliser d’autres types de traitement (ablation – enlèvement de la tumeur, chimiothérapie, radiations - traitement par rayons X ou radionucléides) en association avec la chimio-embolisation pour contrôler la tumeur.
  • Lorsque le cancer est confiné au foie, la plupart des décès sont dûs à une insuffisance hépatique engendrés par la croissance de la tumeur , et non à la propagation du cancer dans le corps. La chimio-embolisation peut aider à empêcher le développement de la tumeur, à préserver potentiellement la fonction hépatique et à obtenir une qualité de vie presque normale.
Risques
  • Il existe toujours le risque qu’un embole (bouchon, composé de caillots sanguins, d’un amas bactérien, ou de tout autre corps étranger, bloquant un vaisseau sanguin) se loge au mauvais endroit et prive le tissu sain d’un apport sanguin.
  • Il existe un risque d’infection après une embolisation, même si vous prenez un antibiotique.
  • Étant donné qu’une angiographie fait partie de l’intervention, il existe un risque de réaction allergique au produit de contraste.
  • Étant donné qu’une angiographie fait partie de l’intervention, il existe un risque d’atteinte aux reins chez les patients diabétiques ou ceux souffrant d’une maladie rénale préexistante.
  • Les réactions à la chimiothérapie incluent des nausées, une chute des cheveux, une diminution du nombre de globules blancs (cellules qui circulent dans le sang et qui attaquent tout élément étranger à notre corps), une diminution du nombre de plaquettes (particules qui se forment dans la moelle osseuse et circulent dans le sang, qui se lient au site d’une blessure et entament le processus de coagulation) et une anémie (affection dans laquelle le nombre de globules rouges dans le sang est trop faible, entraînant un apport d’oxygène insuffisant aux tissus et aux organes). Étant donné que la chimio-embolisation retient la plupart des médicaments de chimiothérapie au sein du foie, ces réactions sont généralement modérées.
  • Des complications graves de la chimio-embolisation surviennent dans environ un cas sur 20. La plupart des complications graves impliquent des infections hépatiques ou une atteinte hépatique. Les rapports indiquent qu’environ une intervention sur 100 aboutit à un décès, généralement dû à une insuffisance hépatique.

Quelles sont les limites de la chimio-embolisation?

On déconseille une chimio-embolisation aux patients souffrant de dysfonctionnement hépatique ou rénal grave, de troubles de la coagulation ou d’un blocage des canaux biliaires.
 
La chimio-embolisation traite, mais ne guérit pas la maladie. Soixante-dix pour cent des patients environ vont noter une amélioration dans leur foie et, selon le type de cancer hépatique, pourraient bénéficier d’une meilleure survie.



Texte offert à titre de renseignement par l’Association canadienne des radiologistes (CAR). Octobre 2004. Source: www.radiologyinfo.org, traduction: Gaëlle M. Chevalier, révision: Dr Pierre Perreault. Pour plus d’information sur la radiologie d’intervention, veuillez visiter le site http://www.car.ca/cira/


 

2004 Association Canadienne des Radiologistes Tous droits réservés – Avis légal