En images ...


Qu’est-ce que c’est?

L’imagerie à résonance magnétique (IRM) utilise des ondes radioélectriques et un champ magnétique élevé plutôt que des rayons X pour donner des images remarquablement claires et détaillées des organes et des tissus. La technique s’est avérée précieuse pour les radiologues pour diagnostiquer des tumeurs au cerveau ainsi que les problèmes dans les yeux et l’oreille interne. L’IRM requiert un équipement et une expertise spécialisés et permet l’évaluation de structures du corps moins visibles avec d’autres méthodes d’imagerie.

À quoi ça sert?

L’imagerie à résonance magnétique est le meilleur examen pour les tumeurs au cerveau, les accidents cérébrovasculaires et certains problèmes chroniques du système nerveux comme la sclérose en plaques. De plus, elle sert à documenter les anomalies du cerveau chez les patients qui souffrent de démence et elle est souvent utilisée chez les patients qui ont des problèmes d’hypophyse. L’IRM peut détecter les petites anomalies dans les tissus chez les patients qui ont des problèmes aux yeux ou dans l’oreille interne.

Comment se préparer?

Comme le champ magnétique utilisé pour l’IRM va attirer tout objet contenant du fer à l’intérieur du corps, le personnel de l’imagerie vous demandera si vous avez une prothèse à la hanche, un stimulateur cardiaque (ou une valve artificielle), un accès vasculaire (souvent appelés Port-o-cath, Infusaport, Lifeport), un dispositif intra-utérin, une plaque, des tiges, des vis ou des broches de métal chirurgicales dans le corps. Dans la plupart des cas, les broches, plaques, tiges et vis chirurgicales ne posent pas de danger pendant l’IRM. Les tatouages et le maquillage permanent pour les yeux peuvent aussi causer un problème. On vous demandera si vous avez déjà eu une balle ou du shrapnel dans le corps, ou si vous avez travaillé avec des métaux. Dans le cas de fragments métalliques, une radiographie peut être prise pour détecter ces objets métalliques. Les plombages ne sont en général pas affectés par le champ magnétique, mais ils peuvent créer une distorsion dans les images du visage ou du cerveau, il est donc important de la signaler au radiologue. Cela s’applique aussi aux appareils orthodontiques, qui peuvent affecter l’ajustement de l’unité d’IRM à votre corps. On vous demandera d’enlever tout ce qui pourrait affecter les images de la tête, y compris les pinces à cheveux, les bijoux, les lunettes, appareils auditifs et dentiers.

Le radiologue ou le technologue pourra vous demander si vous avez des allergies aux médicaments ou si vous avez eu une chirurgie à la tête dans le passé. S’il est possible que vous soyez enceinte, mentionnez-le. Certains patients se sentiront inconfortables d’être enfermés dans l’unité d'IRM. Si vous n’êtes pas rassuré, vous recevrez un sédatif pour vous aider à vous sentir à l’aise, mais seulement environ un patient sur 20 en a besoin.

À quoi ça ressemble?

L’unité conventionnelle d’IRM est un aimant cylindrique fermé, dans lequel le patient est étendu sans bouger pendant quelques secondes à la fois. Il peut donc se sentir enfermé et même claustrophobe (peur aiguë d’être enfermé). Cependant, des unités plus conviviales sont de plus en plus disponibles. Les systèmes à aimant court n’entourent pas complètement le patient. Certaines des unités les plus récentes sont ouvertes de tous les côtés. De nouveaux aimants plus puissants qui donnent des images très détaillées du cerveau sont maintenant sur le marché. Pour le patient, ces aimants (comme les systèmes 3 Tesla) sont semblables à ceux qui sont utilisés actuellement.

Comment ça fonctionne?

L’IRM est une méthode unique d’imagerie parce que, contrairement aux radiographies habituelles (rayons X), aux études à radio-isotopes, ou aux scans, elle n’est pas basée sur la radiation. Au lieu de cela, les ondes radioélectriques sont dirigées aux protons, les noyaux des atomes d’hydrogène, dans un fort champ magnétique. Les protons sont d’abord stimulés, puis relaxés, en émettant des signaux radios qui peuvent être traités par ordinateur pour former une image. Dans le corps, les protons sont les plus abondants dans les atomes d’hydrogène de l’eau — le « H » de H2O — de sorte que l’image de l’IRM montre les différences dans le contenu de l’eau et dans sa distribution dans divers tissus du corps. Même différents types de tissu dans le même organe, comme la matière grise et blanche du cerveau, peuvent être distingués. En général, un examen par IRM consiste en deux à six séquences d’imagerie, qui durent de deux à 15 minutes. Chaque séquence a sont propre degré de contraste et montre une section transversale de la tête sous un ou plusieurs plans (de droite à gauche, de l’avant à l’arrière, du haut en bas).
 

Comment l’examen se déroule?

Le patient est placé sur une table qui glisse et une antenne radio appelée bobine de surface est placée sur le haut de la tête. Après avoir installé la tête du patient dans le support à l’intérieur de l’unité d’IRM, le radiologue et le technologue quittent la pièce et les séquences d’IRM sont effectuées. Le patient peut communiquer avec le radiologue ou le technologue en tout temps par intercom. De plus, bien des centres d’IRM permettent à un ami ou, dans le cas d’un enfant, à un parent de rester dans la pièce. Selon la quantité d’images nécessaires, l’examen prend en général de 15 à 45 minutes, mais une étude très détaillée peut durer plus longtemps. On demandera au patient de ne pas bouger pendant le processus d’imagerie lui-même, mais il est possible de bouger un peu entre les séquences. Les patients doivent en général demeurer immobiles pendant seulement quelques secondes à la fois. Dans certains cas, un agent de contraste sera injecté pour améliorer la visibilité de certains tissus ou vaisseaux sanguins. Une petite aiguille liée à une ligne intraveineuse est placée dans une veine du bras ou de la main. Une solution saline passera dans la ligne intraveineuse pour prévenir la coagulation du sang jusqu’à ce que l’agent de contraste soit injecté, à peu près au deux tiers de l’examen.

Une fois l’examen terminé, on demande au patient d’attendre que les images soient examinées pour déterminer si d’autres images sont nécessaires.

Qu’est-ce qu’on ressent?

L’IRM ne cause pas de douleur, mais certains patients peuvent trouver inconfortable le fait de ne pas bouger pendant l’examen. D’autres se sentent renfermés. Vous ressentirez un peu de chaleur dans la région examinée; c’est normal, mais n’hésitez pas à le signaler au radiologue ou au technologue si cela vous incommode. Si vous recevez une injection d’agent de contraste, vous pourrez ressentir un léger inconfort à l’endroit de l’injection et une sensation de froid au moment de l’injection. Dans certaines parties de l’examen, des bruits liés à l’activation des gradients (coups intermittents) dérangent certains patients; des bouchons pourraient être utiles. Quand les bruits cessent et que la vibration qui les accompagne s’arrête, vous pourrez replacer vos bras.

Où vont les résultats?

Un radiologue, qui est un médecin expérimenté en IRM et autres examens radiologiques, analysera les résultats et enverra un rapport signé à votre médecin traitant, ainsi qu’une interprétation. À son tour, le personnel du bureau du médecin traitant vous dira comment obtenir les résultats. La nouvelle technologie permet aussi la diffusion des rapports diagnostiques et des images par Internet dans bien des centres.

Avantages
  • Les images du cerveau et d’autres structures de la tête sont plus claires et plus détaillées que par d’autres méthodes d’imagerie.
  • L’agent de contraste de l’IRM est moins susceptible de provoquer des réactions allergiques que les agents à base d’iode utilisés en radiographie conventionnelle et dans les scans.
  • Même sans agent de contraste, l’IRM montre le cœur suffisamment en détail pour être utile au diagnostic et à la planification du traitement.
  • Il n’y a pas d’exposition à la radiation.
  • L’IRM permet la détection d’anomalies qui pourraient être obscurcies par les os dans d’autres méthodes d’imagerie. 
  •  Une variante appelée angiographie par RM donnent des images détaillées des vaisseaux sanguins dans le cerveau – souvent sans qu’un agent de contraste soit nécessaire.
  • Les nouveaux systèmes d’IRM peuvent montrer le fonctionnement du cerveau, ce qui permet de détecter de façon précoce les accidents cérébrovasculaires.
Risques
  • Un implant non détecté peut être affecté par le fort champ magnétique.
  • On évite en général l’IRM pendant les 12 premières semaines de la grossesse. Les médecins utilisent d’habitude d’autres méthodes d’imagerie—comme l’ultrason—pour les femmes enceintes, à moins qu’il n’y ait une raison médicale importante d’utiliser l’IRM.

Quelles sont les limites?

Les rayons X donnent une meilleure image des os et le scan est préférable pour les patients qui ont des hémorragies graves. L’IRM ne distingue pas toujours entre une tumeur et le fluide de l’œdème, et ne détecte pas le calcium dans une tumeur. Dans la plupart des cas, l’examen est sécuritaire pour les patients qui ont un implant métallique, à l’exception de quelques types d’implants. Les patients devraient en informer le technicien avant le test. En début de grossesse, l’examen doit être utilisé sous toutes réserves. L’IRM coûte plus cher que le scan.
 



Texte offert à titre de renseignement par l’Association canadienne des radiologistes (CAR). Octobre 2004. Source: www.radiologyinfo.org, traduction: Emma J. Trudel, révision: Dr Pierre Bourgouin.

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