En images ...



Qu’est-ce que c’est?

L’imagerie à résonance magnétique (IRM) utilise des ondes radioélectriques et un fort champ magnétique plutôt que des rayons X pour donner des images remarquablement claires et détaillées des organes et des tissus. Les parties ostéo-articulaires qui font le plus souvent l’objet de cet examen sont la colonne, le genou et l’épaule. Cependant, l’IRM est aussi utilisée pour étudier presque toutes les articulations du corps, y compris les hanches, les poignets et les mains. L’IRM requiert un équipement et une expertise spécialisés et permet l’évaluation de structures du corps moins visibles avec d’autres méthodes d’imagerie.

À quoi ça sert?

Comme l’IRM donne des images très claires des tissus mous près et autour des os, c’est en général le meilleur examen des principales articulations du corps, de la colonne (pour les problèmes liés aux disques) et des tissus mous des extrémités. Elle est souvent utilisée pour diagnostiquer les blessures liées aux sports, ainsi que les problèmes liés au travail à cause des tensions, des vibrations et des coups répétitifs.

À l’aide des images d’IRM, les médecins peuvent localiser et identifier les causes de douleur, d’enflure et d’hémorragies dans les tissus des os et des articulations. Les images permettent aux médecins de bien voir même de toutes petites déchirures et blessures aux tendons et aux muscles, ainsi que des fractures invisibles aux rayons X.

De plus, les images d’IRM peuvent donner une idée précise des maladies dégénératives comme l'arthrite, de la détérioration de la surface des articulations ou d’une hernie discale. Les neurochirurgiens utilisent souvent l’IRM pour évaluer l’intégrité de la moelle épinière après un traumatisme.

Enfin, l’IRM est aussi utile pour diagnostiquer et caractériser les infections (par exemple l’ostéomyélite) et les tumeurs (par exemple les métastases) dans les articulations et les os.
 

Comment se préparer?

Comme le champ magnétique utilisé pour l’IRM va attirer tout objet contenant du fer à l’intérieur du corps, le personnel de l’imagerie vous demandera si vous avez une prothèse à la hanche, une attache dans le cerveau, un stimulateur cardiaque (ou une valve artificielle), un accès vasculaire (souvent appelé Port-o-cath, Infusaport, Lifeport), un dispositif intra-utérin, une plaque, des tiges, des vis ou des broches de métal chirurgicales dans le corps. Dans la plupart des cas, les broches, plaques, tiges et vis chirurgicales ne posent pas de danger pendant l’IRM si elles sont présentes depuis plus de 4-6 semaines. Les teintures des tatouages et du maquillage permanent pour les yeux peuvent contenir de l’oxyde de fer métallique qui pourrait devenir chaud pendant l’IRM, mais c’est rare. On vous demandera si vous avez déjà eu une balle ou du shrapnel (résidus d’obus) dans le corps, ou si vous avez travaillé avec des métaux. Dans le cas de fragments métalliques, surtout dans les yeux, une radiographie peut être prise pour détecter ces objets métalliques. Les plombages ne sont en général pas affectés par le champ magnétique, mais ils peuvent créer une distorsion dans les images du visage ou du cerveau, il est donc important de les signaler au radiologue. Cela s’applique aussi aux appareils orthodontiques, qui peuvent affecter l’ajustement de l’unité d’IRM à votre corps. On vous demandera d’enlever tout ce qui pourrait affecter les images de la tête, y compris les pinces à cheveux, les bijoux, les lunettes, appareils auditifs et dentiers.
 
Le radiologue ou le technologue pourra vous demander si vous avez des allergies aux médicaments ou si vous avez eu une chirurgie à la tête dans le passé. S’il est possible que vous soyez enceinte, mentionnez-le.

Certains patients se sentiront inconfortables d’être enfermés dans l’unité d'IRM. Si vous n’êtes pas rassuré facilement, vous recevrez un sédatif pour vous aider à vous sentir à l’aise, mais environ un patient sur 20 en a besoin.

À quoi ça ressemble?

L’appareil ressemble à un aimant cylindrique fermé, dans lequel le patient est étendu sans bouger pendant quelques secondes à la fois. Il peut donc se sentir enfermé et même souffrir de claustrophobie (peur aiguë d’être enfermé). Les systèmes à courte sonde sont plus larges et plus courts et n’entourent pas complètement le patient. Certains appareils plus récents sont ouverts de tous les côtés, mais la qualité de l’image peut diminuer.

Comment ça fonctionne?

Contrairement aux radiographies habituelles (rayons X), aux études à radio-isotopes, ou aux scans, l’IRM n’est pas basée sur la radiation. Au lieu de cela, les ondes radioélectriques sont dirigées sur les protons, les noyaux des atomes d’hydrogène, dans un fort champ magnétique. Les protons sont d’abord stimulés, puis relaxés, en émettant des signaux radios qui peuvent être traités par ordinateur pour former une image. Dans le corps, les protons sont les plus abondants dans les atomes d’hydrogène de l’eau — le « H » de H2O — de sorte que l’image de l’IRM montre les différences dans le contenu de l’eau et dans sa distribution dans divers tissus du corps. Même différents types de tissu dans le même organe, comme la matière grise et la matière blanche du cerveau, peuvent être distingués. En général, un examen par IRM consiste en deux à six séquences d’imagerie, qui durent de deux à 15 minutes. Chaque séquence a son propre degré de contraste et montre une section transversale de la tête sous un ou plusieurs plans (de droite à gauche, de l’avant à l’arrière, du haut en bas).

Comment se déroule l’examen?

Le patient est placé dans une position confortable sur une table spéciale qui glisse dans l’ouverture du système où le champ magnétique est créé. Le radiologue et le technologue quittent ensuite la pièce et les séquences d’IRM sont effectuées. Le patient entendra des bruits de coups pendant l’examen. Ces bruits sont causés quand les bobines de gradient du champ magnétique sont allumées et éteintes pour mesurer le signal d’IRM renvoyé à l’extérieur du corps du patient. Le patient peut communiquer avec le technologue en tout temps par intercom. De plus, bien des centres d’IRM permettent à un ami ou, dans le cas d’un enfant, à un parent de rester dans la pièce.

Selon la quantité d’images nécessaires, l’examen prend en général de 15 à 45 minutes, mais une étude très détaillée peut durer plus longtemps. On demandera au patient de ne pas bouger pendant le processus d’imagerie lui-même, mais il est possible de bouger un peu entre les séquences. Les patients doivent en général demeurer immobiles pendant quelques secondes ou quelques minutes à la fois.
 
Selon la partie du corps examinée, un agent de contraste peut être injecté pour améliorer la visibilité de certains tissus ou vaisseaux sanguins. Une petite aiguille liée à une ligne intraveineuse est placée dans une veine du bras ou de la main. Pour prévenir la coagulation du sang, une solution saline passera dans la ligne intraveineuse dès le début de l'examen.

Une fois l’examen terminé, on demande au patient d’attendre que les images soient examinées pour déterminer si d’autres images sont nécessaires.

Qu’est-ce qu’on ressent?

L’IRM ne cause pas de douleur, mais certains patients peuvent trouver inconfortable le fait de ne pas bouger pendant l’examen. D’autres se sentent renfermés, même si le design des nouvelles unités d’IRM a beaucoup amélioré cette situation. Vous ressentirez un peu de chaleur dans la région examinée; c’est normal, mais n’hésitez pas à le signaler au radiologue ou au technologue si cela vous incommode.
 
Dans certaines parties de l’examen, des bruits de coups assez forts dérangent certains patients; des bouchons pourraient être utiles.

Où vont les résultats?

Un radiologue analysera les résultats et enverra un rapport signé à votre médecin traitant, ainsi qu’une interprétation. À son tour, le personnel du bureau du médecin traitant vous dira comment obtenir les résultats.

Avantages
  • Les images des tissus mous du corps, comme les muscles, tendons, articulations et vaisseaux sanguins, sont plus claires et plus détaillées que d’autres méthodes d’imagerie.
  • Les images d’IRM peuvent aider à identifier les causes de la douleur, de l’enflure et des hémorragies de sorte que le traitement approprié puisse commencer.
  • L’agent de contraste de l’IRM est moins susceptible de provoquer des réactions allergiques que les agents à base d’iode utilisés en radiographie conventionnelle et dans les scans.
  • L’IRM permet de détecter les anomalies, les blessures et les maladies qui pourraient être obscurcies par les os dans d’autres méthodes d’imagerie.
  • L’IRM est une façon rapide, non invasive, d’évaluer une variété de blessures et de maladies des muscles et des articulations.
  • Le détail des images d’IRM en fait un outil sans égal pour le diagnostic précoce et l’évaluation des tumeurs.
  • Il n’y a pas d’exposition à la radiation.
Risques
  • Un implant non détecté peut être affecté par le fort champ magnétique. Cela peut causer de la distorsion des images, ou encore le système d’IRM peut ne pas bien s’ajuster à votre corps si l’implant se trouve dans la partie étudiée.
  • On évite en général l’IRM pendant les 12 premières semaines de la grossesse, même si les dangers n’ont pas été démontrés.

Quelles sont les limites?

Les rayons X donnent une meilleure image des os et le scan est préférable pour les patients non stabilisés qui ont des hémorragies graves. L’IRM ne distingue pas toujours entre les tissus d’une tumeur et le fluide de l’œdème, et ne détecte pas le calcium dans une tumeur. Dans la plupart des cas, l’examen est sûr pour les patients qui ont un implant métallique, à l’exception de quelques types d’implants. Les patients devraient en informer le technicien avant le test. En début de grossesse, l’examen doit être utilisé sous toutes réserves. L’IRM coûte plus cher que le scan.



Texte offert à titre de renseignement par l’Association canadienne des radiologistes (CAR). Octobre 2004. Source: www.radiologyinfo.org, traduction: Emma J. Trudel.

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