accès vasculaire

Une intervention d’accès vasculaire est conçue pour les patients qui ont besoin d’un accès intraveineux (IV ; dans une veine) sur une longue période, pendant plus de sept à 10 jours. Une simple intraveineuse (IV) est efficace à court terme, mais elle est loin de constituer la méthode idéale lorsque, par exemple, le patient doit subir une chimiothérapie, nécessite un traitement par antibiotiques par IV sur plusieurs semaines ou doit être alimenté par IV à long terme. Les veines de certains patients rendent la pose d’une IV difficile et ces patients pourraient bénéficier de la pose d’un accès vasculaire. Un cathéter d’accès vasculaire est un tube long et fin qui est placé dans une veine au niveau du bras, du cou ou de la poitrine juste au-dessous de la clavicule. On insère le cathéter jusque dans une veine majeure au milieu de la poitrine. Dans un bon nombre d’affections, la pose de ce type de tube fournit un moyen simple et indolore de prélever du sang ou d’administrer des médicaments ou des nutriments (ou les deux) . Cela permet également d’épargner le patient en ce qui concerne l’inconfort et le stress associés à des piqûres répétées. Ces tubes dits cathéters centraux peuvent rester en place pendant des semaines ou des mois, voire des années.

Dans quelles situations utilise-t-on cette technique?
  • Un cathéter central permet la perfusion de solutions de médicaments ou de substances nutritives sans les complications associées à une IV simple, comme les lésions locales des tissus qui surviennent lorsqu’un médicament toxique s’échappe de la veine. De plus, le cathéter permet de surveiller la pression des grosses veines, ce qui aide à évaluer la fonction cardiaque.
  • Un type d’accès, appelé « chambre implantable sous-cutanée » (sous la peau) est idéal pour les patients cancéreux qui ont besoin d’une chimiothérapie toutes les deux à quatre semaines. Le dispositif n’interfère pas avec les activités quotidiennes et ne nécessite pas d’entretien spécial.
  • Il est possible de perfuser une variété de médicaments, notamment des antibiotiques, par un cathéter d’accès veineux central.
  • Un cathéter central, en fournissant un soutien nutritionnel et des suppléments tels que des vitamines et des minéraux, offre une solution temporaire ou à long terme à la malnutrition. Les patients que l’on prévoit nourrir par IV ou qui nécessitent des prélèvements sanguins fréquents pendant une période prolongée peuvent bénéficier d’un cathéter dit « tunnelisé », un dispositif plus permanent placé partiellement sous la peau (dans ce qu’on appelle «tunnel») qui ancre le cathéter dans les tissus du patient.
  • On peut utiliser temporairement un cathéter d’accès vasculaire pour effectuer une hémodialyse (acte au cours duquel une machine élimine les déchets du sang du patient et renvoie le sang propre au patient). Dans ce cas, le cathéter contient deux lumières (passages) séparées : l’une envoie le sang veineux, à purifier, vers la machine de dialyse, l’autre renvoie le sang propre au corps à travers le système artériel. Un cathéter est également utile si une maladie des reins progresse rapidement et qu’il faut commencer l’hémodialyse sans avoir le temps d’installer un accès vasculaire permanent au préalable (fistule ou pontage synthétique artério-veineux).
  • Un cathéter d’accès peut servir à administrer des transfusions sanguines.
 Comment dois-je me préparer pour cette intervention?

La veille de l’intervention, ou avant, le personnel travaillant avec le radiologiste d’intervention (radiologiste spécialisé dans les actes chirurgicaux assistés par l’imagerie médicale) – vous fournira les instructions nécessaires. Il est possible que l’on vous fasse une prise de sang à l’hôpital ou à une clinique locale pour effectuer des analyses avant l’intervention. Le personnel vous avisera si des changements doivent être apportés à votre horaire normal de prise de médicaments. Il est possible que l’on vous demande de ne rien manger ni boire pendant plusieurs heures avant l’intervention. Assurez-vous que quelqu’un puisse vous raccompagner chez vous après l’intervention.

 À quoi ressemblent les appareils?

Par rapport à une IV standard, un cathéter d’accès vasculaire est plus durable, se bouche et s’infecte plus difficilement. Le cathéter tunnelisé possède un manchon qui est positionné dans le tunnel sous la peau et qui stimule la croissance du tissu dans le manchon maintenant le cathéter en place. On utilise de petits instruments spécialement conçus pour insérer ces cathéters. Le radiologiste va généralement se servir de la fluoroscopie (utilisation des rayons X pour visualiser le cathéter dans le corps) et/ou d’une imagerie par ultrasons (échographie) pour guider l’insertion du cathéter et pour s’assurer que le cathéter se trouve exactement dans la position désirée. La fluoroscopie réalisée au cours de l’intervention peut confirmer que le cathéter est correctement placé. Une radiographie du thorax après l’intervention possède la même utilité.

Quel est le principe de la technique?

Plusieurs types de dispositifs d’accès vasculaire sont disponibles. Leur utilisation est adaptée à des affections bien précises. On doit prendre en compte de nombreux facteurs : la longueur de cathéter nécessaire, son application médicale, et la préférence du patient. Les types principaux sont les suivants :

  • Le cathéter de longueur intermédiaire, un type de cathéter IV se situant entre une IV de routine et un cathéter central. On l’insère dans une veine près du coude, et on le fait passer par une large veine dans la partie supérieure du bras. Bien que relativement durable, le cathéter de longueur intermédiaire, entre quatre et six pouces de long, est trop court pour pouvoir introduire des médicaments fortement irritants. Une infirmière peut insérer un cathéter de longueur intermédiaire au chevet du patient, sans avoir besoin de se guider par imagerie.
  • Le cathéter central introduit par voie périphérique (PICC) est également inséré dans une veine du bras mais son extrémité repose dans une large veine centrale. Il fournit d’habitude un accès central pouvant durer jusqu’à quatre à huit semaines. Un PICC peut même rester en place pendant trois à six mois, tant qu’il continue à bien fonctionner et qu’il n’est pas infecté, mais on le considère malgré tout comme un cathéter temporaire. Une infirmière ou un assistant-médecin formés à cet effet peuvent poser un PICC au chevet du patient, tant que les veines superficielles de celui-ci sont en bon état. Dans environ la moitié des cas cependant, le cathéter doit être posé en se guidant par imagerie – par fluoroscopie ou échographie – et c’est alors un médecin du département de radiologie qui posera le PICC. Étant donné qu’il est tout à fait possible de prendre bien soin d’un PICC à domicile, la pose de ce type de cathéter rend possible dans bien des cas une sortie précoce de l’hôpital. Tout travailleur de la santé formé peut facilement retirer le cathéter lorsqu’il devient inutile.
  • Le cathéter tunnelisé est un cathéter permanent qui est maintenu en place lorsque du tissu se forme en réponse à la pose d’un manchon sous la peau. Les cathéters HICKMAN® et BROVIAC® sont des exemples de cathéter tunnelisé. On insère généralement le cathéter dans une veine jugulaire interne (veine du cou qui collecte le sang du cerveau et du visage et le transporte vers le cœur) ou une veine sous-clavière (large veine qui se trouve juste sous la clavicule, reçoit le sang provenant des veines de la partie supérieure du bras et le renvoie vers le cœur). On achemine ensuite le cathéter sous la peau du site de ponction le long de la cage thoracique (tunnel), le faisant émerger à travers la peau à une distance d’environ six pouces par rapport au site d’entrée dans la veine. L’extrémité du cathéter repose dans la large veine qui achemine le sang au cœur. Le manchon, en dacron, est localisé dans la partie sous-cutanée du cathéter (tunnel). Ce type de cathéter constitue le choix le plus approprié lorsque la probabilité pour un patient d’avoir besoin du cathéter pendant plus de trois mois est grande, et que le cathéter sera utilisé plusieurs fois par jour. Il s’agit d’un cathéter sécuritaire et facile d’accès. L’inconvénient de ces cathéters réside dans le fait que, dans 10 à 15 pourcent des cas, on doit retirer les cathéters tunnelisés pour cause d’infection.
  • La chambre implantable sous-cutanée est un dispositif d’accès vasculaire permanent constitué d’un cathéter attaché à un petit réservoir (chambre) implanté sous la peau. Le dispositif entier est logé sous la peau ; rien n’est visible à l’extérieur, à l’exception d’une petite protubérance à l’endroit où se situe le réservoir. Le cathéter, introduit à un site d’accès dans une veine du bras, de l’épaule ou du cou, se termine dans une large veine centrale au niveau du thorax. Le réservoir possède un revêtement en silicone qui peut être percé à l’aide d’une aiguille spéciale. On utilise principalement une chambre implantable lorsqu’on a besoin d’un accès IV de facon intermittente pendant une longue période, comme c’est le cas pour les patients qui doivent subir une chimiothérapie. Son seul inconvénient est le besoin d’une piqûre d’aiguille chaque fois qu’on administre un traitement, mais l’inconfort est généralement modéré et a tendance à diminuer au cours du temps.